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FRÉDÉRIC DAVIS

Marcel, Frédéric, René DAVIS, dit Frédérik DAVIS est né à Besançon le 30 Janvier 1919. Son père Frank DAVIS, d’origine galloise, allemande et apache, était officier du génie dans l’armée américaine et accessoirement champion de boxe de sa division. Sa mère, Valentine ODY, issue d’une famille de notable d’Arc-sous-Sicon, village du Doubs, avec de lointaine ascendance hongroise. Elle avait une formation d’institutrice, métier qu’elle du reprendre après le décès accidentel de son mari qui s’était noyé en supervisant la construction d’un pont. Devant alors circuler dans tout le département, elle a alors confié l’éducation de son fils à sa propre mère qui résidait à Besançon. Le jeune garçon, en but au lazzis de ses condisciples qu’ils surnomment l’américain, retrouve très vite le tempérament belliqueux de ses ancêtres.

Il poursuit de brillantes études au lycée Victor Hugo et au conservatoire de musique, tout en pratiquant la boxe française, la lutte gréco-romaine, l’équitation, la natation et le ski.

Nanti d’un baccalauréat de deux premiers prix du conservatoire, violon et direction d’orchestre, il quitte Besançon pour Paris en 1936.

Son rêve était de devenir peintre et architecte, aussi s’inscrit-il au Beaux-arts, Atelier Le Maresquier, et accessoirement en médecine pour étudier l’anatomie.

A 19 ans, pendant les vacances universitaires qu’il passe chez les parents d’un de ses condisciples près de Brest, il dessine et construit son premier bateau, un côtre de pêche pour rendre service au père de son camarade. Ce bateau est le premier d’une longue série, tous innovants, qui vont ponctuer son existence.

Il fait son service militaire comme artilleur, à Valence, dans la caserne où le sous lieutenant Bonaparte avait exercé son premier commandement. Il en est rapidement tiré pour être jeté dans la tourmente de la drôle de guerre.

Libéré, il reprends ses études à Toulouse où sont réfugiés les Beaux-Arts. Il est élu Grand Massier.

De 1944 à 1947, il vit 3 années d’intenses activités :

Directeur du Centre de formation des Trois Arts dans les centres universitaires dont Pierre Aimé Touchard est le Président.

Suit un cycle de conférences au Muséum sur les caractéristiques des types ethniques

Est conférencier du Ministère des Colonies

Est acteur dans le Mal court d’Audiberti, mis en scène par Doukine

Chante (il est basse profonde) avec François Soubeyran dans un groupe qui va devenir Les Frères Jacques

Fait la connaissance de Le Corbusier dont il va devenir un intime et qui va lui confier la direction de l’ Ascoral, tout en lui demandant de travailler sur les plans de la cité radieuse de Marseille et sur la ville de Chandigahr

Est initié aux Arts Martiaux par le Maître Kawashi, et devient ceinture noire 2ème dan dans 4 disciplines

Est Maître d’Armes et continue à tirer au sabre à la hongroise et à la japonaise

Rencontre Fernand Léger et Picasso avec lesquels il se lie d’amitié

Jeune père de famille, il rentre comme Chef Décorateur à la Comédie Française qu’il quitte en claquant la porte en 1949 à la suite de la sombre affaire Serge Lifar manigancée par les communistes.

Il va s’installer à Tanger où il ouvre un bureau d’architecture. Il réalise de nombreuses décorations de bâtiments officiels ou privés. Il mets en scène des fêtes pour l’Amiral de Panafieu. Il dessine et construit le Carole, premier catamaran de la marine moderne. Il peint énormément. Il ouvre un club de Judo et d’Arts Martiaux pour la police de Tanger et réalise à Vichy des décors pour un spectacle du Marquis de Cuevas

Lors d’un voyage en Espagne, où il expose des tauromachies à Madrid, il est initié comme matador dans les arènes privées de la ganaderia de Miura.

En 1956 il part à Fort-Lamy (N’jamena) au Tchad, pour y surveiller un chantier

Au bout d’un an, il part à Alger pour y devenir Directeur de l’Agence Technique du Plan. C’est là qu’il rencontre Yvonne Putod qui deviendra seconde épouse. Menant de front ses activités professionnelles, peinture, expositions, littérature (il écrit 2 nouvelles en 1963 et 1964), il trouve encore le temps d’ouvrir et de diriger un club de judo

Bien qu’arapède, il est obligé de quitter l’Algérie en 1954 chassé par l’indépendance. Il vit très mal ce départ forcé, d’autant que son intégration comme architecte ne se passe pas bien. Sa peinture s’en ressent, devient très sombre, mythologique et religieuse, frisant très souvent l’abstraction. 1969 marquera heureusement un changement dans cette ambiance morose. D’abord il se marie avec Yvonne Putod, et ensuite le couple découvre le sud de l’Espagne avec un soleil très proche de celui d’Algérie. Cette ambiance leur plaît tant qu’ils décident d’ériger une maison de vacances. C’est une extraordinaire sculpture habitable où tout, jusqu’au moindre détail, est dessiné de sa main, et où Yvonne, également artiste de très grand talent, a l’intelligence inouï de s’effacer totalement tout en restant extraordinairement présente. Peintures, mobiliers, agencements, accessoires, sculptures, organisation du jardin, font de cet oeuvre la synthèse de tout son art.

Ayant récupéré toute sa créativité, il produit dans des couleurs éclatantes peintures, dessins, sculptures, cartons de tapisserie (réalisée par son épouse, dont la vitalité n’a rien à envier à la sienne). Les expositions se succèdent jusqu’à ce que les galiéristes malhonnêtes ferment boutique et disparaissent avec toutes les oeuvres confiées. Très fâché, il décide de ne plus exposer que dans son atelier où dans le centre culturel que son épouse dirige, où il donne également de nombreuses conférences. En 1983, un horrible cancer de la mâchoire le défigure. Cette abominable maladie aura raison de son extraordinaire vitalité et il meurt à Paris le 2 août 1996 après avoir réalisé une gigantesque production de peinture. Sa dernière oeuvre, lui qui avait une maîtrise absolu du trait, est un pauvre dessin tremblé au symbolisme bouleversant "violon éclaté dans le soleil".

 

                                                                                                                                                           M.J.M.
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