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RÉFÉRENCE : EPC0044

COMMÉMORATION DE LA SECONDE RÉPUBLIQUE 1848-1898

Rare éventail édité pour Le Gaulois par la maison Duvelleroy 
Il promeut les principaux Hôtels à l'Étranger recommandés par Le Gaulois
Le cinquantenaire de la seconde République a été peu suivi en France, quelques rares journaux comme le Petit Parisien ou le Petit Journal et Le Gaulois ont commémoré l'événement 
A noter que Duvelleroy reprend une planche gravée de l'époque pour réaliser le montage
Etat : Très bon, très légères rousseurs - Dimension (fermé) : 27 cm

 

IIe RÉPUBLIQUE 1848-1852

LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE
 24 février - 6 mai 1848


ALEXANDRE MARTIN DIT " ALBERT  " ou " L'OUVRIER " (Bury, 1815- Mello, 1895),

Avec Blanc, Il incarne l'aile gauche d'un gouvernement provisoire dont tous deux sont les benjamins. Ouvrier mécanicien et socialiste, il a participé à la révolution de 1830, aux événements de mai 1839 et à la révolution de février 1848. Il est également le fondateur du journal L'Atelier. Il est ministre sans portefeuille dans le gouvernement de février 1848. Il est avec Barbès et Blanqui un des instigateurs de l'insurrection du 15 mai 1848 qui voit une foule nombreuse envahir le Palais-Bourbon où siège l'Assemblée constituante. Barbès profite de cette occasion (Pointe-à-Pitre, 1809 - La Haye, 1870) pour monter à la tribune où il tente de proclamer un nouveau gouvernement. Condamné à cette occasion, Albert est amnistié en 1859.
 

FERDINAND FLOCON (Paris, 1800 - Lausanne, 1866)
Publiciste, il est en 1845 rédacteur en chef du journal La Réforme fondé par Ledru-Rollin, Ministre de la Guerre du gouvernement provisoire de février 1848. Il passe alors pour un homme peu bavard que les caricaturistes représentent en se contentant de dessiner sa pipe. On peut l'ajouter à Albert et Blanc dans le groupe le plus à gauche du gouvernement. Député à l'Assemblée Constituante (4 mai 1848 - 29 janvier 1849). Il vit en exil après le coup d'Etat perpétré le 2 décembre 1851 par Louis-Napoléon Bonaparte, premier Président de la République Française. 

ISAAC DIT "ADOLPHE " CREMIEUX (Nîmes, 1796 - Paris, 1880)
Avocat, député d'opposition sous la Monarchie de Juillet,  il est le ministre de la Justice du gouvernement provisoire. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la Présidence de la République. Réélu à l'Assemblée Législative en 1849, il s'oppose à Louis-Napoléon, ce qui lui vaut d'être emprisonné après le coup d'Etat perpétré par le premier Président de la République française, le 2 décembre 1851. Député d'extrême-gauche en 1869, lorsque le régime se libéralise, il redevient ministre de la Justice dans le gouvernement de Défense Nationale de 1870. Il fait adopter à cette occasion le décret attribuant aux juifs d'Algérie la citoyenneté française (1870). 

FRANCOIS ARAGO (Estagel, 1786 -Paris, 1853),
Originaire des Pyrénées, c'est le scientifique du gouvernement. Il y détient deux portefeuilles : la Guerre et la Marine, dont dépendent les colonies jusqu'en 1881. Aux yeux des observateurs c'est aussi un des " hommes du National ", l'aile droite libérale du gouvernement. Physicien et astronome brillant, Arago est membre de l'Académie des Sciences, professeur à l'École Polytechnique, Directeur de l'Observatoire et du Bureau des Longitudes. De 1830 à 1848 (Monarchie de Juillet), Arago siège comme député de gauche. Son choix de Schoelcher comme secrétaire d'Etat aux Colonies est déterminant dans la décision d'abolir l'esclavage dans un contexte politique instable.  Elu à l'Assemblée Constituante,  il est membre de la Commission Exécutive (5 mai - 24 juin 1848) qui succède au gouvernement provisoire.
Arago quitte la France après le coup d'Etat perpétré le 2 décembre 1851 par le Président de la République Louis Napoléon Bonaparte.

ALPHONSE DE LAMARTINE (Macon, 1790 - Paris, 1869)
Avec Ledru-Rollin, Lamartine forme le centre du  gouvernement provisoire dont il est non seulement le ministre des Affaires Etrangères mais aussi le véritable chef, malgré la présence de Dupont de l'Eure. Le parcours politique de ce poète, écrivain et historien romantique est atypique. Avec Arago, il est le seul homme à s'être fait connaître autrement que par la politique. Sous la Restauration (1815-1830), il est ambassadeur auprès du Grand-Duc de Toscane. Lamartine est d'une grande ferveur religieuse et d'une profonde conviction royaliste. Il est alors, proche de la droite ultraroyaliste et chante, en 1824-1825, le sacre de Charles X à Reims. Il garde cette sensibilité politique jusqu'au début de la Monarchie de Juillet pour évoluer ensuite  vers des positions plus centristes en se faisant l'apôtre d'un christianisme libéral et social. En 1834, il prononce à la Chambre un discours en faveur de la colonisation de l'intérieur de l'Algérie, conquise en 1830. Il s'agit alors, à ses yeux, d'une lutte de l'Occident chrétien contre le " mahométisme et de la civilisation contre la barbarie.
Député opposé à Louis-Philippe, il fait paraître une Histoire des Girondins (1847) afin de donner une leçon révolutionnaire au peuple.
Sa participation au gouvernement de 1848 marque l'apogée de sa carrière politique. Il a le poste ministériel le plus prestigieux avec Ledru-Rollin. La difficulté pour les deux hommes est de trouver un compromis entre la droite du gouvernement (Marie, Arago, proches du National) et l'aile gauche socialiste : Blanc, Albert et Flocon.
Le 25 février 1848, dans un grand moment d'éloquence, il fait acclamer le drapeau tricolore par une foule venue réclamer le drapeau rouge. Il fait alors prévaloir une idée neuve : le drapeau tricolore est l'emblème de la nation française et non d'un régime politique particulier. Lamartine est élu par l'Assemblée à la Commission Exécutive qui gouverne la République du 5 mai au 24 juin 1848. 
En 1850, deux ans après l'abolition de l'esclavage, Lamartine, présente Toussaint Louverture, une pièce en cinq actes et en vers qu'il aurait écrit en 1840. Trop endetté pour s'exiler après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il se retire de la vie politique pour se consacrer à l'écriture. 

JACQUES DUPONT dit " DUPONT DE L'EURE "
(Le Neubourg, 1767 - Rouge-Perriers, 1855)
Imaginons la participation au gouvernement de la France de 1999, d'un homme qui était déjà député en 1939. Dupont de l'Eure, est le doyen et la mémoire historique du gouvernement provisoire. Il a vécu des événements que les autres membres du gouvernement n'ont pas pu connaître. Né deux ans avant Napoléon Ier (1769-1821), Dupont était sous Louis XVI, un jeune avocat au Parlement de Normandie. Membre du Conseil des Cinq-Cents au temps du coup  d'Etat du 18 brumaire, 
il siège au Corps Législatif en 1813 puis à la Chambre des Représentants pendant les Cent-Jours. Au début de la Restauration, il siège dans l'opposition de gauche. Sous Charles X, proche de l'extrême-droite ultra, les députés de la gauche ne sont plus qu'une quinzaine et sont bâillonnés. A l'instar de La Fayette ou d'autres libéraux, Dupont se tourne vers le mouvement clandestin de la Charbonnerie. Sous la Monarchie de Juillet, il est ministre de la Justice puis retourne dans l'opposition. 
En 1848, il est nommé président du gouvernement provisoire mais il y est moins influent que Lamartine.

ALEXANDRE LEDRU-ROLLIN (Paris, 1807 - Fontenay-aux-Roses, 1874)
Avocat. Il acquiert sa notoriété sous la Monarchie de Juillet en défendant des journalistes condamnés après les insurrections républicaines de 1832. En 1841, il est élu député et siège à l'extrême-gauche, où se regroupe tous les républicains de la Chambre.  Fondateur du journal la Réforme, où l'on retrouve Louis Blanc, Ledru-Rollin est ministre de l'Intérieur dans le gouvernement provisoire puis membre de la Commission Exécutive (5 mai-24 juin 1848) qui succède à ce gouvernement. Exclu du pouvoir lors de la réaction qui suit les journées d'émeutes ouvrières de juin 1848, il est battu à l'élection présidentielle du 10 décembre 1848 par le Prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, élu au suffrage universel masculin. En mai 1849, il est élu à l'Assemblée Législative. Il y prend la tête de la  gauche montagnarde opposée à Louis-Napoléon Bonaparte. Le 13 juin 1849, il appelle le peuple de Paris à protester contre l'engagement de l'armée française à Rome, cet engagement étant contraire à l'esprit du préambule de la Constitution :

" Art. V : La République respecte les nationalités étrangères comme elle entend faire respecter la sienne ; n'entreprend aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploie jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple "

Comme souvent lorsqu'il s'agit de politique étrangère, la manifestation mobilise peu de monde. Elle est dispersée par l'armée. Ledru-Rollin doit se cacher puis s'exile jusqu'en 1871. Il est élu à l'Assemblée Nationale mais refuse de siéger puis siège de nouveau après sa réélection en 1874. Il a laissé son nom à une station du métro parisien.

LOUIS ANTOINE GARNIER-PAGES (Marseille, 1803 - Paris, 1878)
Frère d'un autre chef républicain qui était député sous la Monarchie de Juillet. Il est élu député en 1842 et siège à l'extrême-gauche avec les autres " radicaux ", terme qui désigne alors les républicains. Ce grand bourgeois de Paris est proche du journal Le National et participe en 1847 à la campagne des banquets. Ministre des Finances du gouvernement provisoire, il est également nommé maire de Paris. Sa réforme fiscale le rend impopulaire mais il est quand même élu député de la Seine en mai 1849, ce qui lui permet d'être un des 5 élus à la Commission Exécutive qui gouverne la France. Il doit attendre de 1849 à 1864 pour être  réélu comme opposant au second Empire. Il obtient un nouveau mandat parlementaire en 1869, participe au gouvernement de défense nationale en 1871 et échoue de nouveau aux élections de 1873. Il a publié une Histoire de la Révolution de 1848, parue en 1860-1872.

PIERRE MARIE dit " MARIE " (Auxerre, 1795 - Paris, 1870)
Sous la Monarchie de Juillet, il est député de la gauche dynastique ou " parti du mouvement ",  favorable à une monarchie plus libérale (1842). En 1848, il incarne, comme ministre des Travaux Publics, la tendance des républicains modérés, aile droite du gouvernement provisoire. C'est lui qui organise les Ateliers Nationaux, avec l'idée qu'ils peuvent servir de contrepoids à l'essor du mouvement socialiste. Dans le gouvernement Cavaignac (24 juin-20 décembre 1848), plus marqué à droite que le gouvernement provisoire, il est ministre de la Justice. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il s'oppose à Louis-Napoléon Bonaparte et siège avec l'opposition libérale.

ARMAND MARRAST (Saint-Gaudens, 1801 - Paris, 1852)
En 1830, Marrast dirige le journal La Tribune, opposé à Charles X. Républicain affirmé sous la monarchie de Juillet, il continue d'écrire à la Tribune (1830-1835). En 1841, il prend la direction du National, journal d'origine orléaniste passé à l'opposition.
Marrast est un des organisateurs du banquet du 22  février 1848 qui fut l'un des événements-clefs de la révolution.  Membre du gouvernement et député modéré à la Constituante (avril 1848), il est l'un des rédacteurs de la constitution de la 2e République en novembre 1848. La même année, le National passe sous la direction de Cavaignac avant d'être interdit à la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851.

LOUIS BLANC (Madrid, 1811- Cannes, 1882)
Fils d'un inspecteur général des finances de Joseph Bonaparte, placé sur le trône d'Espagne par son frère Napoléon Ier. Il connaît une enfance difficile après la chute de Napoléon (1814-1815). Juriste de formation, il collabore au Progrès du Pas-de-Calais. Installé à Paris peu après la révolution de 1830, il collabore au National, devient rédacteur en chef du Bon Sens,  puis fonde la Revue du Progrès (1839-1842)  avant de participer à la Réforme. Il se fait connaître en menant campagne pour le suffrage universel. Son ouvrage politique le plus connu est L'organisation du travail, paru d'abord sous forme d'articles dans la Revue du Progrès et plusieurs fois réédité. Il y défend l'idée du droit au travail.  Il se fait également historien de la Monarchie de Juillet et de la Révolution française, dans une oeuvre où il prend la défense de Robespierre (écrite entre 1847 et 1862)
Dans le gouvernement de février 1848,  Blanc est l'homme le plus à gauche avec l'ouvrier Albert. C'est cette aile gauche du pouvoir qui a la confiance des foules révolutionnaires. Son projet socialiste, déformé par le gouvernement, donne naissance aux Ateliers Nationaux dont la fermeture entraîne les émeutes de juin 1848. Il est alors accusé d'avoir inspiré les troubles, et doit s'enfuir en Angleterre. Il y demeure jusqu'en septembre 1870. Sous la IIIe République, il est de nouveau élu député (1871-1876).

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